Dans le premier volet du bilan des résultats trimestriels des SSII « L’hiver glacial des SSII (1/3) : les grands noms attendent toujours les premiers bourgeons » publié le 15 mars 2010 par Reynald Fléchaux, vous lirez :
Si les discours des dirigeants de grandes SSII se teintent d’optimisme depuis quelques semaines, les chiffres d’affaires de leurs sociétés restent abonnés à la décroissance. Et la tendance devrait se poursuivre au moins sur la première moitié de 2010.
Capgemini paie cher la faiblesse de son infogérance
- 8,5 % sur les trois derniers mois de 2009 à périmètre courant (à 2,05 Md€). Ce recul plus accentué que celui de la plupart des concurrents de la SSII semble provenir de deux phénomènes conjugués : la faiblesse de la demande dans l’intégration et le conseil bien sûr, mais aussi le recul de l’outsourcing au second semestre du fait de la renégociation de deux grands contrats (réduction du périmètre des contrats TXU et Schneider).
Fin d’année toujours tendue pour Atos-Origin, qui voit son activité se contracter de 4,6 % au quatrième trimestre 2009.
Poids lourd du groupe (37 % du total), l’activité intégration subit un recul de 11 % sur l’ensemble de 2009. Mais Atos-Origin est parvenu à remonter la marge de cette branche, qui passe de 4,1 à 5 %, notamment en raison des efforts pour réduire l’intercontrat.
Intégration et conseil plombent toujours Accenture
Sans surprise, dans un contexte où les grands comptes diffèrent leurs nouveaux projets, l’intégration et le conseil plongent, de 16 % en monnaies locales. L’outsourcing (infogérance et BPO) se portent mieux, mais encaissent tout de même une décroissance de 5 % sur un an. En fait, seules les activités dans le secteur public et la santé s’affichent en croissance, signale la SSII dans un communiqué.
Atos-Origin freine un peu sa décroissance
Logica ralentit fin 2009
Comme déjà signalé au cours de l’année, la santé de la SSII doit beaucoup à sa branche outsourcing (37 % de l’ensemble de l’activité) qui progresse de 9 % sur l’ensemble de 2009, tandis que les activités plus cycliques de conseil et d’intégration accusent, elles, un recul de 10 %. [...] De facto, selon Logica, la France a retrouvé le chemin de la croissance en fin d’année, portée notamment par la signature du contrat ONP (Opérateur National de Paie). La marge, en léger recul, y atteint 7,5 %.
Dans le second volet du bilan des résultats trimestriels des SSII (avec les groupes de taille intermédiaire, ayant une dimension européenne) « L’hiver glacial des SSII (2/3) : les poids moyens continuent leur glissade » publié le 16 mars 2010 par Reynald Fléchaux, vous lirez :
Ni mondiaux, ni spécialistes. Les SSII moyennes, qui constituent une bonne partie du tissu des services IT hexagonal, ont continué à souffrir en fin d’année 2009, avec des décroissances souvent supérieures à 5 %. Tout en tenant désormais des discours plus optimistes sur leurs perspectives. Et en n’ayant plus grand chose à apprendre des grands groupes mondiaux en matière de protection des marges.
- Steria repasse dans le vert
- Sopra : paradoxal trou d’air
- GFI toujours en décroissance à deux chiffres
- Bull maintenu par les grands contrats d’infogérance
- Devoteam et l’aventure allemande
- Groupe Open et la difficile digestion de Sylis
Dans le 3ème volet : « L’hiver glacial des SSII (3/3) : la crise a creusé les écarts chez les SSII hexagonales « vous lirez :
Plus diversifiées, mieux réparties sur le globe, les grandes SSII souffrent, mais tiennent leurs marges. Les plus petits acteurs n’ont pas tous cette chance : c’est parmi eux que se ramassent les éclopés de cette crise, dont plusieurs sont en situation difficile. Mais c’est aussi dans cette catégorie que résident quelques acteurs qui, par leur positionnement, ont déjà su rebondir en terminant 2009 sur de la croissance.
La SSII européenne, qui a racheté Unilog en 2005, fait mieux que ses concurrents directs, avec une marge stable à 7,5 % (contre 7,6 % l’année dernière).
La recette est connue : maîtrise du taux d’intercontrats et plan d’économies de 75 millions de livres en 2009, avec une réduction conséquente des effectifs non facturables (60 % des économies). Au terme de l’année 2009, le groupe Logica compte 2 500 postes en moins.
Hausse de 19 % des revenus de l’externalisation en France
L’activité, elle, affiche un léger retrait de 3 % à 3,7 milliards de livres, à taux de change et périmètre constants. Cette bonne tenue s’explique avant tout par le dynamisme du pôle externalisation (37 % du chiffre d’affaires du groupe), dont les ventes ont cru de 9 % l’année dernière. En France, la société explose les compteurs avec 19 % de croissance sur ce segment. Logica a décroché des extensions de contrats et engrangé les fruits de son repositionnement sur de plus gros projets.
Le segment des prestations d’intégration de systèmes et de conseil qui chute de 10 % a moins fière allure. Très implantée dans le secteur financier au Benelux, la société a été frappée de plein fouet par la crise. Ce qui explique la dégringolade du chiffre d’affaires (- 18 % !) dans cette zone géographique.
Gel des projets dans les secteurs de la banque et de l’industrie
L’activité de Logica France, qui représente 21 % des revenus du groupe, est en chute de 2 %. La hausse spectaculaire de l’externalisation déjà mentionnée a permis de compenser la plongée des revenus dans l’intégration de systèmes. Un marché où Logica a été touché, en premier lieu, par le gel des projets dans les secteurs de la banque et de l’industrie, les deux piliers du groupe en France « Nous avons également été confrontés à des renégociations de tarifs de projets en cours », souligne Jean-Marc Lazzari, le responsable de l’entité française depuis janvier dernier.
Un carnet de commandes florissant
Néanmoins, le dirigeant observe un changement de comportement de la part des grands clients depuis le dernier trimestre 2009. Clients qui optent, à nouveau, pour une « vision à plus long terme ». Fort d’un carnet de commande en hausse de 32 % par rapport celui de 2008, Logica France entrevoit d’ailleurs 2010 avec optimisme. La société a engrangé un panel de gros contrats plus important que par le passé, parmi lesquels le projet de mise en place du système national de paie des fonctionnaires. Si les effectifs français ont baissé en 2009 (- 260 personnes), les embauches devraient repartir du bon pied cette année.
Logica France lance une semaine spéciale de recrutement du 15 au 19 mars où la société prévoit d’engager 200 personnes en CDI. La société se refuse néanmoins à dévoiler ses prévisions annuelles.
Logica dévoile aujourd’hui les résultats d’une étude réalisée avec TNS Sofres auprès de 1000 fonctionnaires sur leur niveau d’adhésion aux réformes liées aux ressources humaines et à la relation aux citoyens. Celle-ci révèle que les fonctionnaires interrogés ne se sentent pas assez accompagnés dans la mise en œuvre des réformes.
-
S’ils se montrent enthousiastes sur les réformes relatives au Droit Individuel à la Formation et à la gestion des carrières et des compétences (notes d’opinion supérieures à 3/5), ils expriment en revanche certaines réserves quant aux réformes relatives à la mobilité (note d’opinion de 2,4/5), à la rémunération (2,5/5) et à la réduction du nombre de corps de la fonction publique (2,2/5).
-
Plus globalement, 49% des fonctionnaires interrogés sont pessimistes quant à leur avenir personnel au sein de la fonction publique et 84% considèrent que la mise en place de la sous-traitance de certaines tâches à des sociétés privées constitue un risque pour leur avenir.
-
Ils sont respectivement 75% et 72% à se déclarer mal informés sur les réformes de rémunération et de mobilité.
-
Dans le cadre de l’amélioration de la relation aux citoyens, les fonctionnaires interrogés déclarent avoir bien intégré la notion d’objectifs dans leur travail : 72% des agents interrogés ont des objectifs qualitatifs, 49% des objectifs de réduction des coûts et 41% des objectifs quantitatifs.
-
Enfin, les nouvelles technologies sont majoritairement perçues comme un levier d’amélioration pour transformer le secteur public, 75% des fonctionnaires estimant qu’elles les aident à mettre en œuvre les réformes et 69% que les NTIC ont d’ores et déjà amélioré l’organisation du travail.
Lire l’article « Les fonctionnaires ne se sentent pas suffisamment accompagnés dans les réformes portant sur les RH et sur la relation aux citoyens » du lundi 25 janvier 2010, publié sur 
Trois groupes de services informatiques, les français Capgemini et Bull et l’anglo-néerlandais Logica, ont annoncé jeudi avoir signé un contrat de 48 millions d’euros pour gérer notamment la comptabilité et les paies du CNRS.
Le groupement des trois entreprises assurera la maintenance et l’infogérance des systèmes d’informations pour les activités financières et comptables, et du système de gestion du personnel et de la paie, selon un communiqué commun.
Le contrat a une durée de six ans et il est piloté par Capgemini.
Source (décembre 17, 2009)
La situation économique actuelle, en particulier la crise, est favorable à l’externalisation des fonctions de support en général et au BPO (Business Process Outsourcing)(1) [voir la tribune d'Olivier Cavrel, dg de Cognizant France dans la lettre du jour].
Celle-ci reste encore marginale, sauf dans le domaine des Centres de Services Partagés, mais pourrait être amenée à se développer assez rapidement. C’est ce que montre l’étude intitulée «Les enjeux de l’externalisation des fonctions support (comptabilité, paie, RH, relation client…) BPO, Centres de services partagés, externalisation… : quelles stratégies d’optimisation ? » réalisée par la société Precepta.
L’environnement est favorable à l’externalisation des fonctions support… Les conditions semblent réunies pour un décollage imminent du marché français de l’externalisation des fonctions support en général, et du BPO en particulier :
- la gestion de ces activités est devenue un élément clef de la performance des organisations ;
- le recentrage sur le cœur de métier est une stratégie désormais très répandue chez les managers ;
- l’explosion des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication a facilité la mise en œuvre de stratégies d’optimisation de la gestion des fonctions support ;
- la complexification et l’accélération des évolutions de l’environnement réglementaire des entreprises, notamment en matière de comptabilité, de fiscalité, de droit du travail. Ces évolutions rendent la gestion en interne des fonctions support de plus en plus ardue, et coûteuse ;
- les mutations démographiques. Les multiples départs à la retraite des baby-boomers provoquent une perte de savoir-faire pour les entreprises et un risque de pénurie sur certains types de profils. Ils représentent également une occasion en or de revoir et d’optimiser l’organisation de certaines fonctions des entreprises, tout en limitant le risque social.
Effet catalyseur de la crise
[...] La quasi totalité des professionnels du BPO affirme en effet que la crise pourrait servir de déclencheur au marché français du BPO.
Leur argument : en période de crise, les entreprises cherchent à faire des économies, tout en se recentrant sur leur cœur de métier. Une quête qui va nécessairement les pousser à externaliser la gestion de tout ou partie de certaines de leurs fonctions support…
Une analyse qu’il convient toutefois de nuancer. Si les SSII tournées vers une clientèle anglo-saxonne (ou dont l’offre de BPO est spécialisée) parviennent en effet à compenser la chute de leurs activités de conseil et d’intégration par le dynamisme de leur division outsourcing, c’est loin d’être le cas de toutes les SSII et notamment de la plupart des SSII françaises).
En dépit de cet environnement porteur, le marché du BPO ne décolle pas en France, alors qu’il est nettement plus développé dans les pays anglo-saxons. En dehors des centres d’appels et de la paie, le BPO demeure en effet un phénomène marginal. Les grands contrats y sont très rares et ils concernent le plus souvent des filiales françaises de grands groupes anglo-saxons.
Le marché français connaît certes des taux de croissance significatifs, mais il ne pèse guère plus de 2 milliards d’euros selon les estimations. Des estimations qu’il convient par ailleurs de prendre avec prudence dans la mesure où il est souvent bien difficile de déterminer ce qui relève précisément du BPO, de la prestation IT ou de l’externalisation standard.
Les experts de Precepta ne sont par ailleurs pas réellement convaincus que la crise actuelle représentera à elle seule un facteur de décollage du marché, même si certains éléments plaident en faveur de cette affirmation : les résultats du 3e trimestre de certaines SSII montrent ainsi que les prestations d’outsourcing (IT ou métiers) résistent alors que les prestations de conseil et d’intégration de systèmes plongent. C’est notamment le cas d’Accenture, de Logica ou d’Atos.
L’argument de la crise comme soutien voire comme déclencheur du marché du BPO se heurte toutefois à de sérieux obstacles :
- toutes les SSII ne sont pas logées à la même enseigne. Steria et Capgemini, les deux SSII françaises qui ont le plus « calqué » leur modèle sur celui des poids lourds mondiaux, ne sont ainsi pas parvenues à compenser la chute de leur division « conseil et intégration » par leur division outsourcing. On peut donc raisonnablement se demander si c’est l’outsourcing en tant que tel qui a protégé Atos, Accenture et Logica ou si ce ne serait pas plutôt la spécificité de leur positionnement en matière d’outsourcing :
- Accenture, qui est un des poids lourds mondiaux et un des pionniers de la spécialité et qui profite par conséquent d’une forte légitimité, mais essentiellement à destination de la clientèle anglo-saxonne (le groupe peine en effet également à s’imposer dans l’Hexagone) ;
- Logica bénéficie lui aussi du dynamisme de la demande de sa clientèle anglo-saxonne. Une clientèle anglo-saxonne qui n’a pas les mêmes réticences que les entreprises françaises face à l’externalisation.
- Quant à Atos, même s’il ne fait clairement pas partie des poids lourds mondiaux du BPO, il tire clairement parti d’un positionnement de spécialiste, notamment dans le domaine médical.
- la crise aura très certainement un impact direct sur les prix des prestations de BPO et donc, par ricochet sur les marges des opérateurs. Dans un contexte incertain et anxiogène, les donneurs d’ordres vont sans grande surprise chercher par tous les moyens à réduire leurs factures. Or, d’une part, les services achats des entreprises sont aujourd’hui très performants (y compris en matière d’achats de prestations intellectuelles) ; d’autre part, le rapport de force n’est clairement pas favorable aux SSII ;
- les derniers mois montrent enfin qu‘en matière d’externalisation, les délais de décision ont tendance à s’allonger depuis le début de la crise, même si certains contrats exclusivement conclus pour des raisons comptables sont signés rapidement. Dans ces conditions, si la crise a véritablement un impact sur la demande de prestations de BPO, cet impact ne se ferait guère sentir en 2009, mais plutôt à compter de 2010.
Problème de demande ou problème d’offre ?
Côté offre, on trouve globalement deux grands types d’acteurs sur le marché de l’externalisation des fonctions support :
- des poids lourds généralistes (généralement des SSII), qui revendiquent le terme de BPO et axent leur promesse de valeur sur leur capacité à réduire très sensiblement le coût de gestion des fonctions prises en charge ;
- une multitude d’opérateurs spécialisés sur une fonction (cabinets d’audit et d’expertise comptable, cabinets de recrutement et de conseil RH, sociétés d’affacturage…), qui revendiquent rarement le terme BPO et proposent des prestations plutôt axées sur « l’amélioration de la qualité des process pris en charge ».
Côté demande, il est important de bien prendre en compte que les entreprises françaises ont des attentes spécifiques en matière d’externalisation de leurs fonctions support :
- la peur du risque social et du risque d’image lié à l’externalisation ;
- une demande souvent plus qualitative que quantitative ;
- des contrats de plus courte durée et une demande qui porte plus souvent sur une partie des fonctions support plutôt que sur l’intégralité de ces fonctions ;
- le problème de la barrière linguistique et culturelle, qui rend les délocalisations lointaines incertaines et finalement pas toujours aussi rentables qu’escompté.
Le problème, c’est que ces quatre grandes caractéristiques de la demande des entreprises françaises sont clairement en contradiction avec les deux grands piliers du modèle économique des poids lourds mondiaux du BPO :
- l’industrialisation des process au sein de centres de services pour réduire les coûts ;
- la délocalisation de la plupart de ces centres de services dans des zones géographiques moins onéreuses.
Les pionniers du Business Process Outsourcing ont en fait calibré leur offre pour des clients anglo-saxons. Mais il leur faudra bien admettre que cette offre ne répond pas forcément aux attentes et aux contraintes des entreprises françaises.
Dans ces conditions, il semble illusoire de croire, crise ou pas crise, que le marché du BPO décollera véritablement tant que l’offre des leaders actuels du marché n’aura pas été adaptée aux spécificités françaises ou tant que celle des opérateurs spécialisés ne se sera pas imposée.
En attendant, les Centres de Services Partagés (CSP) se multiplient
Un autre phénomène plaide en faveur de l’hypothèse d’une offre de BPO finalement mal adaptée aux spécificités des besoins et des problématiques des entreprises françaises. Le succès des Centres de Services Partagés dans l’Hexagone montre en effet clairement que les groupes français sont réellement soucieux d’optimiser le pilotage de leurs fonctions support. Il montre également que, dans leur grande majorité, ces groupes préfèrent encore largement l’option CSP que l’option externalisation, et ce en dépit de deux inconvénients de poids : la lourdeur des dépenses à engager et un retour sur investissements de plusieurs années.
Les perspectives du marché de la prise en charge des fonctions support des entreprises
Dans ces conditions, le cabinet Precepta prévoit une croissance soutenue, mais pas explosive, du marché du BPO proprement dit (tel qu’il est aujourd’hui façonné par les leaders historiques). Mais une croissance qui restera essentiellement portée par la demande des filiales françaises de groupes anglo-saxons et de quelques rares multinationales françaises. Une situation qui perdurera tant que l’offre des opérateurs historiques n’aura pas évolué (2).
Precepta anticipe en revanche une croissance plus soutenue du marché de l’externalisation de fonctions support via des opérateurs spécialisés sur une fonction (pourquoi pas en partenariat avec des poids lourds des services informatiques). Des opérateurs dont l’offre répond mieux que celle des poids lourds généralistes aux spécificités de la demande française. Ces opérateurs font toutefois face à un défi de taille : leur offre demeure mal connue des entreprises, ce qui va les contraindre à un important travail de pédagogie auprès des entreprises hexagonales.
__________
(1) Business Process Outsourcing (BPO), peut être traduit littéralement par externalisation des processus d’affaires. C’est l’externalisation d’une partie de l’activité de l’entreprise vers un prestataire extérieur, un sous-traitant.
(2) A condition naturellement que ces opérateurs soient en mesure d’adapter leur offre aux spécificités de la demande des entreprises françaises.
Lire aussi l’article du 24/09/09 « 130 millions d’euros pour la paye informatisée des fonctionnaires » par Charles de Laubier sur












Commentaires récents